Réduire l’empreinte carbone des déplacements, c’est surtout reprendre la main sur des choix répétitifs : une tournée, un aller-retour, une réunion, une livraison de dernière minute. Et, au passage, comprendre pourquoi certains kilomètres coûtent beaucoup plus cher en carbone que d’autres, à mode de transport égal. Les émissions ne viennent pas de nulle part : elles suivent nos habitudes, nos contraintes, et parfois nos automatismes.
On parle de vos tournées, pas d’un cours de climat
Quand il est question de déplacements, il faut penser “terrain”. Concrètement : les tournées en entreprise (livraison, interventions, visites clients), avec des horaires serrés, des adresses qui s’ajoutent au dernier moment, et un parc de voitures ou de véhicules plus ou moins homogène. Bien sûr, il existe aussi les déplacements personnels, mais ici le cœur du sujet reste le transport professionnel. Et, oui, une question simple suffit souvent : qu’est-ce qui pèse le plus dans l’empreinte carbone au quotidien, la voiture utilisée seule chaque jour, ou deux trajets plus longs dans l’année ?
Pour les tournées, la gestion du transport devient vite un sujet d’organisation, pas seulement de conscience écologique. À ce titre, des outils dédiés aident à réduire les émissions en limitant les kilomètres inutiles, en regroupant les arrêts, en planifiant mieux les trajets. Une solution comme Nomadia s’inscrit précisément dans cette logique.
Comprendre d’où viennent les émissions
Première idée : les émissions dépendent de la distance, du mode de transport et du taux de remplissage. Une voiture avec un seul passager n’a pas le même impact qu’un covoiturage bien organisé, c’est mécanique. Deuxième idée : il y a un “hors champ” qu’on oublie souvent quand on parle de bilan carbone : la fabrication, la construction, l’entretien et, parfois, la fin de vie des véhicules. Rarement visible au quotidien, mais réel dans la comptabilité environnementale.
Petit repère utile : on parle d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Le CO₂ est le plus connu, mais d’autres gaz comptent aussi dans l’effet de serre. Le bilan carbone sert à additionner les postes d’émissions pour comparer des choix : ce n’est pas parfait, toutefois c’est lisible. En France, ces repères deviennent concrets dès qu’on compare voiture, train et avion, surtout sur des trajets récurrents.
Voiture, train, avion : qui a quel impact carbone ?
Comparer n’oblige pas à moraliser. Une voiture peut être indispensable, notamment hors centre-ville. Un train peut être excellent, mais pas toujours disponible. Un avion peut sembler “pratique”, mais son impact carbone grimpe vite, en particulier quand il remplace un transport terrestre réaliste. Et, au passage, les modes ne se valent pas sur la même distance : un trajet très court en thermique n’a pas les mêmes émissions qu’un trajet stabilisé sur route.
Attention aux pièges courants. Une voiture utilisée en solo sur une tournée fait mécaniquement monter les émissions. Un avion sur un court trajet peut peser lourd, surtout si un train existe. Et même un véhicule électrique peut afficher un mauvais bilan si la recharge est mal pilotée, si l’organisation multiplie les kilomètres, ou si le véhicule est surdimensionné pour l’usage. L’objectif reste le même : baisser l’empreinte et l’impact, sans casser l’activité.
La voiture au quotidien : ce qui fait grimper (ou baisser) les émissions
Les détails comptent, parfois plus qu’on ne l’imagine. Une conduite nerveuse, des accélérations inutiles, une vitesse trop élevée : tout cela augmente les émissions et l’impact carbone du transport. Les pneus sous-gonflés, un véhicule trop chargé, des trajets très courts répétés (moteur froid) n’aident pas non plus. À l’inverse, un entretien régulier et une conduite souple réduisent les émissions sans changer le planning. C’est frustrant, d’ailleurs, car beaucoup ont déjà tenté “un grand plan” et se sont épuisés, alors que ces ajustements-là tiennent dans la durée.
En France, le thermique reste très présent selon les usages, notamment en zones rurales. L’électrique peut être pertinent quand les tournées sont prévisibles, avec une recharge possible et un kilométrage cohérent. Cela dit, le bon choix dépend d’abord du besoin réel : volume, arrêts, charge, et durée de vie. Les véhicules électriques ne sont pas une baguette magique, mais ils peuvent faire partie d’une stratégie écologique quand l’usage colle.
L’avion : quand c’est difficile à remplacer
L’avion a un impact carbone élevé par passager, et l’aérien reste l’un des points sensibles dans un bilan. Sans noyer sous les données : les émissions montent vite, notamment quand il y a plusieurs segments. Quand il est difficile de faire autrement (distance, contraintes pro), quelques réflexes limitent les dégâts : regrouper des déplacements au lieu d’en multiplier, éviter les allers-retours “éclair”, privilégier la visioconférence quand c’est pertinent, ou choisir le train quand il existe. Moins de trajets, moins d’émissions : c’est souvent là que se joue l’effet.
Train, bus, vélo, marche : des options sobres
Train et bus sont souvent plus sobres en carbone que la voiture en solo, surtout par passager-kilomètre. Le vélo et la marche, eux, sont imbattables sur les courtes distances. Mais il faut regarder l’accessibilité, le temps et l’intermodalité : un bon transport, c’est parfois un duo (vélo + train, bus + marche). En centre-ville, le changement est souvent simple. En périurbain, il demande des tests. En zones rurales, il faut composer : optimiser ce qui existe vaut mieux que viser un modèle unique.
Calculer l’empreinte carbone de vos déplacements : quels outils utiliser ?
Un calculateur utile prend en compte le mode de transport, la distance, le nombre de passagers, et le type de véhicules. Certains intègrent aussi l’énergie utilisée (essence, électricité) et une part liée à la fabrication. Pour une entreprise, un suivi simple des tournées (kilomètres, arrêts, taux de remplissage, récurrence) aide déjà à repérer les émissions qui se répètent semaine après semaine, puis à agir là où l’impact est le plus fort.
Une méthode simple pour estimer le bilan, sans s’y perdre
Trois étapes suffisent, et elles tiennent sur une page. D’abord, lister les déplacements sur une période courte (deux semaines donnent souvent une bonne photo). Ensuite, classer par mode de transport (voiture, train, bus, avion) et, si possible, par personne. Enfin, repérer les “top 3” qui pèsent le plus dans l’empreinte carbone. Puis vient la question qui change tout : quel trajet est le plus facile à modifier, et lequel a le plus d’impact sur les émissions ?
Bonnes pratiques : réduire sans tout révolutionner
La logique la plus solide : additionner des petits leviers, puis faire un ou deux gros choix quand c’est possible. Les émissions baissent rarement grâce à un geste “magique”. Elles baissent grâce à une organisation plus sobre du transport, et à des règles simples qui évitent les décisions au hasard.
- Regrouper les déplacements et éviter les allers-retours inutiles sur une tournée.
- Tester le covoiturage sur un jour fixe, sans engagement lourd.
- Décaler un trajet pour éviter un pic de trafic (moins de temps moteur allumé).
- Quand c’est réaliste : train plutôt que voiture solo, ou visioconférence plutôt que avion.
Sur les trajets réguliers : des gestes qui font une vraie différence
Le piège classique, c’est de chercher la perfection et de ne rien changer. Mieux vaut tester, progressivement. Un télétravail ponctuel, une tournée mieux regroupée, un essai de transport en commun sur une demi-journée, un vélo à assistance pour un segment fixe : petit à petit, ça s’installe. Et, surtout, cela réduit des émissions récurrentes, celles qui comptent vraiment dans l’empreinte.
Choisir un véhicule : les questions à se poser avant de signer
Avant de changer, il faut regarder l’usage réel : kilomètres annuels, type de routes, fréquence des tournées, possibilité de recharge, coût global. Le bon outil au bon déplacement : c’est souvent là que l’impact carbone se joue. Un véhicule surdimensionné, même “bien intentionné”, peut augmenter les émissions au lieu de les réduire. À ce titre, intégrer un véhicule électrique dans une flotte a du sens quand l’organisation, les trajets et la recharge sont cohérents ; sinon, le thermique bien optimisé peut parfois faire mieux à court terme.
Pour aller plus loin, les ressources de l’ADEME et les référentiels de comptabilité carbone donnent un cadre utile, notamment pour comparer les émissions entre voitures, véhicules, train et aérien, et éviter les choix “à l’instinct”. Le lien entre organisation des tournées et impact environnemental devient alors évident : mieux planifier, c’est aussi mieux respirer… et réduire les émissions.

